20.05.2007

BIOLOGIE

 

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medium_guinea1_ir.2.jpgConnaître la biologie de votre cobaye est un point important si vous voulez comprendre qui il est et "comment il fonctionne" ! 
Attention ! Cette page n'est pas un précis de médecine vétérinaire ! Elle tente seulement de donner sommairement les informations importantes concernant la biologie des cobayes.


© Marie-Sophie Germain - www.passioncobaye.com - Tous droits réservés


LA BIOLOGIE DU COBAYE EN RÉSUMÉ

> Ordre : Rodentia
> Sous-ordre : Hystricomorpha
> Famille : Caviidae
> Genre : Cavia
> Espèce :
porcellus
> Formule dentaire :
4 incisives + 4 prémolaires + 12 molaires + 0 canine = 20 dents au total
> Longévité : entre 4 et 7 ans
> Poids à l'âge adulte : 900 à 1200 g pour les mâles, 700 à 900 g pour les femelles
> Maturité sexuelle : 3 mois environ
> Âge de mise à la reproduction : 4 à 5 mois, éviter après 7 mois pour la première grossesse
> Nombre de mammelles : 2
> Temps de gestation : entre 59 et 72 jours (moyenne : 68 jours)
> Nombre de portées : de 2 à 4 par an
> Nombre de petits : 1 à 6, en moyenne 4
> Poids à la naissance : entre 60 et 120 g
> Durée de l'allaitement :
environ 3 semaines
> Age au sevrage : 3 semaines pour les mâles, 4 à 6 semaines pour les femelles
> Oestrus postpartum : fertile
> Température rectale : 38 degrés environ
> Fréquence cardiaque : 240 à 310 battements par minute
> Fréquence respiratoire : 42 à 104 respirations par minute
> Volume sanguin : 69-75 ml/kg
> Pression sanguine :
80-94/50-58 mm Hg
> Durée du transit intestinal : 10 à 30 h
> Nombre de doigts aux membres supérieurs : 4
> Nombre de doigts aux membres inférieurs : 3
> Nombre de chromosomes : 64
> Consommation d'eau : 70 à 150 ml par jour
> Consommation de nourriture : 40 à 90 g par jour
> Pathologies les plus fréquentes : scorbut (carence en vitamine C), affections respiratoires, affections dermatologiques, malocclusion dentaire, toxémie de gestation.

Source : "The Biology and Medecine of Rabbits and Rodents",
Harkness & Wagner, Lea & Fibiger Editions.

                                                                

Et maintenant, entrons dans les détails sans plus tarder !


UN RONGEUR... PAS COMME LES AUTRES !

Originaire des régions andines de l'Amérique du Sud, le cobaye (ou cochons d'Inde) est traditionnellement classifié dans l'ordre des rongeurs, mais il diffère de la majorité des rongeurs en plusieurs aspects (pour plus d'informations, lire l'article qui se trouve en fin de page).

Pour commencer, il possède
un corps compact, avec des pattes courtes, des oreilles peu poilues et pas de queue.

Ensuite, en raison de l'absence d'une enzyme spécifique, il est incapable de synthétiser la vitamine C, comme les primates et certains oiseaux tels que le bulbul.
medium_danger.3.gifIl doit donc trouver la vitamine C dans son alimentation quotidienne, faute de quoi il devient très malade. Une dose quotidienne de 20 mg par "kilo de cobaye" est recommandée, à tripler pour les femelles gestantes et allaitantes.

Le cobaye présente aussi un temps de gestation très long comparé à celui des autres rongeurs : en moyenne 68 jours, contre 17 jours pour un hamster ! Un temps de gestation si long implique en fait un développement précoce des bébés. Ceux-ci naissent en effet parfaitement formés, telles de véritables adultes en miniature, avec tous leurs poilds, leurs dents, leurs griffes et les yeux ouverts. Chez les rongeurs, un phénomène que l'on ne retrouve qu'au sein de la famille des Caviidae. Par ailleurs, la femelle n'a que deux mamelons, ce qui ne l'empêche pourtant pas d'allaiter des portées de 4 petits ou plus.

Pour finir, comme tous les rongeurs du sous-ordre Hystricomorpha - mais à l'inverse des Myomorpha (souris, rats, gerbilles hamsters) - le cobaye se distingue par la présence d'une
membrane cellulaire qui recouvre l'orirfice vaginal (sauf au moment de l'oestrus et de la parturiton).


LE SQUELETTE, LES ARTICULATIONS, LES MEMBRES

La colonne vertébrale du cobaye compte de 32 à 36 vertèbres et supporte de 13 à 14 paires de côtes.
Ses membres sont terminés par 4 doigts à l'avant et 3 doigts à l'arrière, sauf chez le cuy (variété de cobaye géant) qui souffre souvent de polydactylie et affiche parfois 6 ou 7 doigts à chaque membre (pour lire l'article sur le cuy : cliquer
icil). Les griffes poussent en permanence et ont besoin d'être taillées régulièrement.

Au niveau du pelvis, on peut observer une articulation frontale reliant les deux os du pubis, la
symphyse pubienne. C'est un disque cartilagineux situé entre les os iliaques, qui a la particularité d'être flexible mais seulement avant l'âge de 7 à 8 mois.
medium_danger.3.gifIl est donc très important de savoir qu' il
est préférable de reproduire les femelles cobayes pour la première fois avant l'âge de 7 mois, période pendant laquellle leur bassin est encore flexible et peut supporter une grossesse sans problème. Après cette période, la symphyse pubienne se rigidifie et n'offre plus la même flexibilité du bassin.


LES DENTSmedium_SkullFrontView.jpg

Le cobaye possède des dents hyspodontes à croissance permanente, au nombre de 20. Les deux incisives inférieures sont plus longues que les incisives supérieures. Un espace - le diastème - est présent entre les incisives et les prémolaires. Fait remarquable, le cobaye ne mord pour ainsi dire jamais.
medium_danger.3.gifLa croissance permanente des dents est un fait auquel les propriétaires de cobayes doivent se familiariser s'ils ne veulent pas que leur protégé souffre de malocclusions dentaires provoquées par une usure insuffisante des dents. C'est une affection très fréquente et souvent fatale, due au fait que le cobaye souffre d'infections à cause des blessures entraînées par les dents trop longues ou de malnutrition car il ne peut plus se nourrir correctement.


LES GLANDES CUTANÉES

Le cochon d'Inde possède des glandes cutanées sudoripares et sébacées. On peut facilement remarquer la glande caudale (surtout visible chez les mâles et les individus de couleur claire), située au niveau du sacrum. Le cobaye présente aussi des glandes périanales (ou périnéales), autour de l'anus. Avec la glande caudale, elles sont à l'origine d'une odeur de marquage personnel pour la reconnaissance des indivius et jouent un rôle important dans la communication et la reproduction.


LE SYSTÈME DIGESTIF

Le cobaye est un herbivore strict, ce qui veut dire que son système digestif doit être capable de digérer la cellulose contenue dans les fibres végétales. La cellulose est un glucide qui compose les parois des cellules des plantes. Il n'y a que les herbivores qui sont capables de la digérer, c'est à dire de "casser" les parois des cellules grâce à l'association d'un ensemble de bactéries spécialisées, que l'on appelle la flore digestive. Et pour cela l'intestin du cochon d'Inde a une longueur de plus de 2,25 m... et la digestion complète prend environ 24 h ! Le système digestif comprend un cæcum, une sorte de "chambre de fermentation", qui occupe entre 50 à 75% de la cavité abdominale.

Le cochon d'Inde produit deux sortes de crottes :
- Les premières sont des crottes "normales, longues et sèches, des fibres non digérées.
- Les secondes crottes sont produites par le cæcum, ce sont les caæcotrophes. Elle sont le résultat d'une fermentation bactérienne et sont riches en eau et surtout en protéines et vitamines (vitamines K et B) qui n'ont pas été digérées. C'est pourquoi le cochon d'Inde les mange, en les prenant directement à la sortie de l'anus. Il en produit environ 150 par jour et si on l'en empêche de les manger, sa croissance est réduite de 20% !

medium_danger.3.gifIl faut aussi savoir que les muscles intestinaux du cobaye sont très peu développés. Et c'est la nourriture consommée en permanence qui assure la continuité des mouvements intestinaux : si le cobaye ne peut pas manger tout au long de la journée, les mouvements intestinaux s'arrêtent et l'animal entre en état de stase digestive, ce qui est très dangereux pour sa santé.
Autre particularité : le cobaye ne peut pas vomir. Il est donc inutile (et c'est même très dangereux) de le mettre à jeun avant une opération chirurgicale.

LE SYSTÈME REPRODUCTIF

Chez le mâle, le pénis est situé juste au dessus de l'anus et est protégé par le prépuce. A son extremité, on distingue deux petites protubérances d'environ 5 mm, dont le rôle n'est pas encore connu. Avec certains autres rongeurs et carnivores, le cobaye est un des rares mammifères à présenter un os pénien, qui mesure environ 1 cm. Les testicules paraissent souvent assez gros, mais c'est parce qu'à l'intérieur du scrotum, les glandes sont entourées par une épaisse couche de graisse qui les protège des chocs.

Chez la femelle, les ovaires sont situés à l'intérieur de la cavité abdominale et produisent des ovules. L'utérus est divisé en deux parties tubulaires, appelées cornes utérines. Le vagin est recouvert par l'hymen, une fine membrane qui le protège des agressions extérieures. Il ne s'ouvre que pendant l'ovulation et la naissance.


LES YEUX ET LA VISION

En tant qu'herbivore et proie facile, le cochon d'Inde a des yeux placés sur les côtés de la tête pour pouvoir profiter d'un large champ de vision (340 degrés environ). Il détecte très bien les mouvements, mais il voit mal en relief. C'est pour cela qu'en captivité, il a du mal à percevoir les différences de hauteur et peut facilement tomber d'une table. Néanmoins, le cobaye peut discerner certaines couleurs, comme le rouge, le jaune et le vert... Essentiel quand on doit reconnaître les végétaux comestibles !
Pour protéger la cornée des agressions extérieures, les glandes lacrymales produisent des larmes opaques qui ressemblent fort à du lait.



LES OREILLES ET L'OUÏE

Le cobaye étant un animal très bavard, il se doit d'avoir une ouïe trés développée, bien supérieure à celle des humains ! C'est entre autre parce qu'il a des pavillons d'oreilles bien ouverts et un canal auditif très court. Il entend des fréquences s'étendant de 125 à 50 000 Hz environ, (c'est trois fois plus que pour l'homme). En fait, l'oreille du cobaye réagit surtout aux fréquences comprises entre 500 et 8000 Hz. C'est pourquoi il a autant peur des bruits forts que du silence complet.


L'ODORAT

Comme l'ouïe, l'odorat est un moyen de communication chez le cochon d'Inde. Selon les rares études scientifiques qui se sont penchées sur le sujet, l'odorat du cobaye serait 100 fois plus sensible que celui de l'homme (mais pas autant que celui du chine). Un cochon d'Inde reconnaît donc ses congénères, leur sexe, leur degré dans la hiérarchie, son territoire, le tout grâce à l'odeur de leur urine et celle des sécrétions corporelles. Le cobaye reconnaît même très bien l'odeur de son maître.


LES PAPILLES GUSTATIVEST ET LE GOÛT

Comme il doit reconnaître les végétaux toxiques des végétaux comestibles, le cobaye, comme tous les herbivores, possède un très grand nombre de papilles gustatives. Aidé du sens de l'odorat qui lui permet aussi de disitinguer les arômes, le cochon d'Inde choisit ses aliments avec soin et développe des préférences dès l'âge de 2 jours !


LES VIBRISSES ET LE TOUCHER

Aussi appelés "moustaches", les vibrisses du cobaye lui servent à s'orienter dans l'obscurité. Malheureusement, chez certaines races comme les Rex et les Texels, les vibrisses sont raccourcies ou ondulées et diminuent les facultés d'orientation de l'animal.



LE COBAYE : RONGEUR OU NON ?

Il est communément admis que le cobaye est un rongeur, tout comme les rats ou les souris. Pas si vite ! Des études génétiques et taxonomiques ont révélé en 1992 que la similarité de certains aspects physiques et morphologiques entre les rats, les cobayes et 2000 autres espèces n'était pas suffisante pour le classer parmi les rongeurs !

L'ordre des rongeurs, Rodentia, est traditionnellement divisé en 3 sous-ordres : Sciuromorpha (écureuils), Myomorpha (rats, souris) et Hystricomorpha (ou caviomorphes : cobayes et porcs-épics). Mais l'analyse phylogénétique des acides aminés des protéines des cochons d'Inde et de leur ADN mitochondrial comparé à celui d'autres animaux a démontré que les cobayes seraient plus proches des lapins (lagomorphes), des chevaux et même des primates que des rongeurs !

Depuis ces découvertes, d'autres études utilisant des méthodes différentes ont toutes démontré les mêmes résultats.
Pourtant, en 1993, en utilisant une méthode alternative d'analyse moléculaire, des scientifiques américains ont prouvé l'existence d'un ”marqueur génétique” présent à la fois chez les sciuromorphes et les caviomorphes mais par chez les lagomorphes ou primates... Pour résumer : les cobayes seraient malgré tout ”plus ou moins” apparentés aux rongeurs... jusqu'à nouvel ordre ! Affaire à suivre !

Pour conclure, voilà une photo d'un
cobaye naturalisé qui date d'il y a plusieurs siècles : elle montre bien que depuis longtemps, les scientifiques ont toujours eu tendance à vouloir apparenter le cochon d'Inde avec les autres "vrais" rongeurs... allant même jusqu'à lui donner une forme d'écureuil...

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Pour visualiser, télécharger ou imprimer les articles scientifiques cités :

http://www.nature.com/nature/journal/v351/n6328/abs/35164...
ADNGuineaPig.pdf
GuineaPigIsaRodent.pdf


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Copyright © 2007 PASSION COBAYE
Marie-Sophie GERMAIN
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